La misophonie : affection de notre époque ?

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Sur le plan étymologique le mot misophonie est composé du mot « misos » (qui vient du grec et signifie haine, aversion) et du mot « fonos » (le bruit). La misophonie est donc l’aversion au bruit ou du moins à certains bruits, lesquels sont très spécifiques et semblables, pour l’essentiel, chez tous les patients qui se plaignent de cette affection.

Totalement ignorée et inconnue il y a quelques décennies, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’existait pas. En effet, si les doléances dont se plaignent les patients concernent l’appareil auditif et la perception auditive, elle est davantage étudiée par les psychiatres et les psychologues. Quoi qu’il en soit, les premières descriptions des symptômes ne sont guère retrouvés avant les années 2000 et les études concernant ce trouble n’en sont encore qu’à leurs premiers balbutiements.

Diagnostic clinique de la misophonie

Il s’agit de troubles psychiques caractérisés par une aversion à certains bruits (comme la taille ou le limage des ongles, le humage, les raclements de gorge, les bruits gutturaux, nasaux ou buccaux par exemples) produits par un autre individu. Ces sons sont banals, propres à tout le monde et lorsqu’ils sont émis par l’individu lui-même atteint de misophonie, cela ne déclenche aucune gêne.

Les sons impliqués dans la misophonie sont répétitifs.
Ils provoquent une réaction immédiate de rejet, associée à une anxiété et parfois à une colère avec envie de faire cesser le bruit dans l’instant ou d’essayer de l’éviter (boules Quies, casque audio).

Autre paradoxe : lorsque ces mêmes bruits proviennent d’enfants (voire d’animaux), ils ne provoquent aucune gêne. Les sons aversifs restent ceux produits par des adultes (le plus connu est le mari et sa mastication !). Par ailleurs 55% des personnes atteintes rapportent des cas similaires familiaux, évoquant une possible origine génétique à ces troubles. Dans les cas extrêmes, l’individu en souffrance peut éprouver de l’irritabilité voire de la colère.

De tels symptômes pourraient faire douter d’une quelconque organicité chez ces patients, pourtant l’âge de survenue, associé à des troubles objectifs sur les IRM fonctionnelles, vont à l’encontre de cette hypothèse, nous le reverrons.

La maladie apparaît en général à un très jeune âge (adolescence et même le plus souvent enfance). L’âge moyen de survenue est de 12 ans mais peut apparaître dès 5 ans.

Diagnostics associés de la misophonie

On note qu’il n’existe aucune distinction de genre et d’âge pour cette affection.
Le pourcentage de personnes atteintes de misophonie est, par ailleurs, extrêmement difficile à évaluer d’autant que nombre de personnes s’énervent de bruits de mastication d’un proche, d’un individu pianotant sur un bureau voisin voire du crissement de certains instruments (comme à l’utilisation d’une scie, par exemple) sans être pour autant des misophones en puissance. Toutefois, on a pu relever que 10% des acouphéniques seraient porteurs de misophonie. De même, de nombreuses études cliniques rapportent l’association à certaines comorbidités:

• Syndrome de Gilles de la Tourette, qui se définit comme une affection neurologique d’évolution chronique caractérisée par des tics moteurs et sonores, voire multiples et fluctuants dans le temps. Un brillant ministre français tira avantage de ces tics qui lui conféraient, dit-on, un pouvoir de séduction. Mozart lui même et le célèbre écrivain écossais James Boswell en furent également atteints ;

• TOC ou troubles obsessionnels compulsifs caractérisés par des comportements répétitifs et irraisonnés mais irrépressibles, atteignant le plus souvent des sujets jeunes (mais qui n’a pas marché sur des trottoirs dallés en  évitant les lignes de séparation ou vérifié à plusieurs reprises la bonne fermeture de sa porte d’entrée ?). On a relevé une association chez un enfant de 10ans ;

• Troubles anxieux ou dépressifs, notamment chez l’adulte ;

• Troubles de comportement alimentaire que l’on peut schématiquement classer en trois groupes : l’anorexie nerveuse, la boulimie et l’hyperplasie boulimique, non associée pour cette dernière à des comportements compensatoires (vomissements, laxatifs) qui entraîne une obésité et la distingue en ce sens d’une boulimie pure.

Diagnostic différentiel de la misophonie

L’acouphène est la perception de sons parasites dont l’étiopathogénie est tout autre, affectant un nombre considérable de patients qui se plaignent de bruits pouvant prendre toutes les formes (sifflements, jets de vapeur, perception de mots, voire de phrases). L’acouphène est de plus en plus fréquent dans notre monde bruyant.

La phonophobie (qui vient du grec « phonos » signifiant parler fort et « phobie » signifiant crainte, peur). La phonophobie, c’est la crainte d’entendre des sons, due à une sensation auditive insupportable produite par les sons environnants.

L’hyperacousie, qui ne constitue pas une meilleure audition (comme on peut le lire parfois) mais une sensibilité exacerbée aux bruits, c’est à dire une intolérance plus grande aux bruits en général, faisant que l’individu fuit tout lieu à potentialité bruyante et se déplace souvent avec des protections phoniques, quelles que soient leurs formes.

Diagnostic complémentaire de la misophonie

Diverses théories sont avancées pour expliquer la misophonie, mal connue et mal comprise.

Citons la théorie « polyvagale » proposée par un psychiatre américain qui invoquerait une réponse autonome du système nerveux central lors de la perception de bruits « corporels » autres que les siens, qui s’associeraient à un état d’alerte (stimulation corticale du cerveau primitif).

D’autres théories ont été avancées.
En 2013, une étape essentielle a été franchie grâce à l’IRM f, c’est à dire l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Cette méthode permet de visualiser, de manière indirecte, l’activité cérébrale. Son principe consiste à mesurer l’oxydation du cerveau dans les zones étudiées. En effet, toute activation neuronale s’accompagnera d’une augmentation locale du flux sanguin afin de couvrir les besoins métaboliques liées à cette activation. C’est ainsi que l’on note, chez ces patients stimulés, une augmentation des signaux neuronaux dans le cortex cingulaire antérieur1et le cortex insulaire2 (également impliqués dans le syndrome de Gilles de la Tourette) et influencent la colère, la douleur et l’information sensorielle.

On évoque aussi la possibilité que la misophonie et les TOC pourraient partager les mêmes circuits neuronaux, avec une mauvaise régulation de certains neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine) qui sont impliquées dans la régulation comportementale, l’humeur, l’anxiété, la motivation, la prise de décisions, l’attention ; leur manque pouvant provoquer ces symptômes.

Traitement de la misophonie

Aucun traitement à ce jour n’a fait la preuve de son efficacité.Mentionnons d’emblée que les antidépresseurs, les anxiolytiques et les antipsychotiques sont totalement inefficaces.

La politique d’évitement, difficilement réalisable, peut être compensée par une protection auditive pour les sons déclencheurs (allant de la banale boule Quies aux bouchons préformés ou aux embouts filtrant sélectivement certaines fréquences (portés par les musiciens).

On peut, peut-être, certainement évoquer comme traitement adjuvant, la pratique de l’apnée qui constitue une immersion dans le monde du silence absolu et qui nécessite, pour progresser, un état de relaxation que l’on acquiert avec l’expérience et le travail et la pratique possible du yoga. Si ce traitement n’est pas une fin en soi, nul doute qu’il peut apporter un bien-être et une gestion du bruit environnemental une fois revenu dans le monde des terriens.

Toutes les stratégies d’adaptation méritent d’être citées. Le patient reste le meilleur juge et le meilleur testeur. Ces traitements vont de la protection à la thérapeutique d’habituation (thérapie cognitivo-comportementale).

Récemment, une équipe médicale a proposé d’associer une thérapeutique consistant à écouter les sons qui dérangent en les associant à un son agréable comme de la musique (sans que ce dernier ne soit occultant pour le son agressif) et qui amènerait 90% de bons résultats.

Conclusion

Les paradoxes propres à la misophonie sont déroutants et intriguent.

Notre monde actuel est-il la cause de ces « nouvelles » maladies, que nous ignorions dans notre cursus médical il y a bientôt quatre décennies ? On ne peut cependant pas affirmer qu’elles n’existaient pas déjà. La question reste posée.

Le meilleur traitement est certainement une prise en main personnelle, aidée, autant que faire se peut, par la thérapie cognitivo-comportementale. « L’homme de l’art » ici n’est probablement pas le thérapeute conventionnel mais certainement bien d’avantage un professeur enseignant le yoga et la relaxation, le médecin voyant sa fonction, ici, réduite à peau de chagrin sauf si le patient nécessite un soutien psychologique.

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La phobie (ou peur irrationnelle)

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Le terme « phobie » renvoie à un vaste ensemble de troubles psychologiques.

La phobie, qu’est-ce que c’est ?

Le terme « phobie » renvoie à un vaste ensemble de troubles psychologiques, comme l’agoraphobie, la claustrophobie, la phobie sociale, etc. Une phobie est caractérisée par la peur irrationnelle d’une situation particulière, comme la peur de prendre l’ascenseur, ou d’un objet spécifique, comme la peur des araignées.

Mais la phobie se situe au-delà d’une simple peur : c’est une véritable angoisse qui s’empare des personnes qui y sont confrontées. La personne phobique est tout à fait consciente de sa peur. Par conséquent, elle tente d’éviter, par tous les moyens, la situation ou l’objet redouté. PUBLICITÉ

Au quotidien, souffrir d’une phobie peut être plus ou moins handicapant. S’il s’agit d’une ophidiophobie, c’est-à-dire d’une phobie des serpents, la personne n’aura, par exemple, pas de difficultés à éviter l’animal en question.

D’autres phobies s’avèrent en revanche difficiles à contourner au quotidien, comme la peur de la foule ou la peur de conduire. Dans ce cas, la personne phobique tente, mais souvent en vain, de surmonter l’angoisse que lui procure cette situation.

L’anxiété qui accompagne la phobie peut alors évoluer en crise d’angoisse et épuiser rapidement la personne phobique, physiquement et psychologiquement. Elle a tendance à s’isoler petit à petit pour se tenir à l’écart de ces situations problématiques.

Cet évitement peut alors avoir des répercussions plus ou moins importantes sur la vie professionnelle et/ou sociale des personnes qui souffrent de phobie.

Il existe différents types de phobies. Dans les classifications, on trouve d’abord les phobies simples et les phobies complexes, dans lesquelles figurent principalement l’agoraphobie et la phobie sociale.

Parmi les phobies simples, on trouve :

Les phobies de type animal

Elles correspondent à une peur induite par les animaux ou les insectes.

Les phobies de type « environnement naturel »

Elles correspondent à une peur provoquée par les éléments naturels tels que les orages, les hauteurs ou l’eau.

Les peurs « normales » durant l’enfance

Chez l’enfant, certaines peurs sont fréquentes et s’inscrivent dans le développement normal de celui-ci. Parmi les peurs les plus fréquentes, on peut citer : la peur de la séparation, la peur du noir, la peur des monstres, la peur des petits animaux, etc.

Souvent, ces peurs apparaissent et disparaissent avec l’âge sans interférer dans le bien-être global de l’enfant. Toutefois, si certaines peurs s’installent dans le temps et qu’elles ont des répercussions notables sur le comportement et le bien-être de l’enfant, il ne faut pas hésiter à consulter un pédiatre.

Troubles associés à la phobie

Les personnes souffrant d’une phobie présentent souvent d’autres troubles psychologiques associés tels que :

  • un trouble anxieux, comme un trouble panique ou une autre phobie ;
  • une dépression ;
  • une consommation excessive de substances ayant des propriétés anxiolytiques comme l’alcool3.

Phobie : qui est touché ?

Selon certaines sources, en France 1 personne sur 10 souffrirait de phobie10. Les femmes seraient davantage touchées (2 femmes pour 1 homme).

Enfin, certaines phobies sont plus fréquentes que d’autres et certaines peuvent toucher davantage les plus jeunes ou les personnes âgées.

Phobies les plus courantes

  • Phobie des araignées (arachnophobie) ;
  • phobie des situations sociales (phobie sociale) ;
  • phobie des voyages en avion (aérodromophobie) ;
  • phobie des espaces ouverts (agoraphobie) ;
  • phobie des espaces clos (claustrophobie) ;
  • phobie des hauteurs (acrophobie) ;
  • phobie de l’eau (aquaphobie) ;
  • phobie du cancer (cancérophobie) ;
  • phobie de l’orage, des tempêtes (cheimophobie) ;
  • phobie de la mort (nécrophobie) ;
  • phobie de faire un malaise cardiaque (cardiophobie).

Phobies peu fréquentes

  • Phobie des fruits (carpophobie) ;
  • phobie des chats (ailourophobie) ;
  • phobie des chiens (cynophobie) ;
  • phobie de la contamination par les microbes (mysophobie) ;
  • phobie de l’accouchement (tokophobie).

D’après une étude menée sur un échantillon de 1000 personnes, âgées de 18 à 70 ans, les chercheurs ont montré que les femmes étaient plus touchées par la phobie des animaux que les hommes.

D’après cette même étude, les phobies des objets inanimés concerneraient plutôt les personnes âgées. Enfin, la peur des injections semble diminuer avec l’âge.

Phobie : les causes

La phobie est bien plus qu’une peur, c’est un véritable trouble anxieux. Certaines phobies se développent plus facilement pendant l’enfance, comme l’angoisse d’être séparé de la mère (angoisse de séparation), alors que d’autres surviennent plutôt à l’adolescence ou à l’âge adulte. Il faut savoir qu’un événement traumatisant ou un stress très intense peuvent être à l’origine de l’apparition d’une phobie.

Les phobies simples se développent souvent durant l’enfance. Les symptômes classiques peuvent débuter entre 4 et 8 ans. La plupart du temps, ils font suite à un événement vécu par l’enfant comme désagréable et stressant.

Parmi ces événements figurent par exemple, une visite médicale, une vaccination ou une prise de sang. Les enfants ayant été pris au piège dans un espace fermé et sombre suite à un accident risqueraient eux de développer par la suite une phobie des espaces clos, appelée claustrophobie. Il est également possible que les enfants développent une phobie « par apprentissage2 » s’ils sont au contact d’autres personnes phobiques dans leur environnement familial.

Par exemple, au contact d’un membre de la famille ayant peur des souris, l’enfant peut développer lui-aussi une peur des souris. En effet, il aura intégré l’idée qu’il faut en avoir peur.

L’origine des phobies complexes sont plus difficiles à identifier. De nombreux facteurs (neurobiologiques, génétiques, psychologiques ou environnementaux) semblent jouer un rôle dans leur apparition.

Certaines études ont montré que le cerveau humain serait en quelque sorte « préprogrammé » pour ressentir certaines peurs (serpents, obscurité, vide, etc.).

Il semblerait que certaines peurs fassent partie de notre patrimoine génétique et c’est certainement elles qui nous ont permis de survivre dans l’environnement hostile (animaux sauvages, éléments naturels, etc) dans lequel évoluaient nos ancêtres.

Phobie : les symptômes

Lorsque la personne phobique se trouve face à l’objet ou la situation qu’elle redoute, il se peut qu’elle ressente les symptômes anxieux suivants :

  • une respiration rapide (hyperventilation) ;
  • une augmentation du rythme cardiaque ;
  • des bouffées de chaleur ;
  • une transpiration excessive ;
  • des vertiges ;
  • des troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée, etc.) ;
  • des troubles du sommeil.

Dans tous les cas, la personne est consciente de son problème. Elle sait que sa peur est disproportionnée, voire irrationnelle. L’évitement des situations redoutées fait également partie des symptômes. PUBLICITÉ Inspired by

Certaines personnes pourront avoir recours à ce que l’on appelle un objet « contra phobique » lorsqu’il leur est impossible de contourner l’élément qui génère leur peur.

Cet « objet » peut être une sorte de « grigri » voire une personne qui aura pour fonction de les rassurer.

……

Rédaction : Céline Brodar Neuropsychologue Janvier 2013

Mise à jour : L’équipe PasseportSanté Rédactrice 18 janvier 2022, à 18h10

@https://www.passeportsante.net

Généralités sur l’anxiété

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L’anxiété est une émotion souvent ressentie comme désagréable qui correspond à l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un problème à venir. L’anxiété est un phénomène normal, présent chez tous les individus. Elle peut cependant prendre un caractère excessif et pathologique dans différentes situations : on parlera alors de troubles anxieux.

Les sujets souffrant de troubles anxieux sont envahis par ce sentiment d’inconfort ou de peur secondaire à une anticipation excessive d’éventuelles difficultés avant même que les problèmes ne soient survenus, ou avant même que le sujet ait repéré précisément ce qu’il redoute.
Les psychiatres parlent parfois de « peur sans objet ».

Rôle de l’anxiété

L’anxiété peut s’avérer un phénomène utile quand elle attire l’attention sur des dangers réels ou des situations à risque : le souci, l’inquiétude servent alors à prendre des précautions pour éviter ces risques.

Trop peu d’anxiété peut parfois mettre en danger. Trop d’anxiété peut, à l’inverse, inhiber et épuiser le sujet.

Personnalité anxieuse

Parfois, l’anxiété n’est plus seulement réactionnelle face à des difficultés quotidiennes, mais devient un trait de personnalité, une façon d’être : la personne a alors une vision du monde marquée par l’anxiété, prévoyant toujours le pire, de manière consciente ou non.

Ainsi les personnalités anxieuses sont dans l’anticipation constante : « que va-t-il se passer ensuite ? ». Ces personnes ont tendance à toujours penser que le pire est probable ou du moins plausible et s’entourent alors d’un maximum de précaution pour éviter les difficultés auxquelles elles ont songé. Le moindre évènement quotidien peut ainsi devenir une affaire compliquée.

Qu’est-ce qui inquiète les anxieux ?

Tous les problèmes importants ou non du quotidien peuvent être amplifiés et inquiéter la personne anxieuse. Parmi ces évènements du quotidien sources d’anxiété citons tous évènements incontrôlables ou imprévisibles tels que le temps pour les vacances, les retards dans les transports, les préoccupations sur l’avenir ou la santé ou encore des événements plus anodins tels qu’une mauvaise note de son enfant à l’école…

Personnalité anxieuse : avantage ou handicap ?

Être anxieux engendre le plus souvent des difficultés de fonctionnement qui vont d’une gêne ponctuelle à un handicap sévère.

Être anxieux n’a cependant pas que des désavantages. De par l’hypervigilance à tout ce qui peut mal se passer et la somme de précautions prises, le sujet anxieux peut se montrer plus performant dans certains domaines. Un patron s’appuiera par exemple plus facilement sur un collaborateur anxieux, toujours soucieux de bien faire et de prévoir les problèmes…

Mais les anxieux paient cher ces efforts constants par une tension quasi-permanente souvent source d’une dégradation de leur qualité de vie. C’est notamment le cas lorsque l’anxiété devient pathologique.

@https://www.anxiete.fr/

Le stress et ses symptômes

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Considéré comme le « mal du siècle », le stress touche toutes les classes sociales et sévit principalement dans le monde du travail. Bien que parfois considéré comme un moteur pour certains, il peut mener à de troubles anxieux sérieux lorsqu’il se déclenche trop souvent ou lorsque l’individu ne parvient pas à le gérer. Comment le reconnaître lorsqu’il apparaît ?

3 éléments à repérer

En situation de stress, on repère typiquement 3 éléments qui s’enchaînent de manière logique :  

  • Le premier élément, inhérent à tout phénomène de stress, est le déclencheur, qu’on appelle le stimulus. Il peut être léger (la découverte d’une contravention) ou important (l’annonce d’une maladie grave), attendu (un examen ou une prise de parole publique) ou inattendu (un accident de voiture, la perte d’un objet).
  • Le second élément est la réaction physiologique de l’organisme au stimulus. Rapidement, le cerveau donne l’alerte et des réactions classiques se déclenchent comme l’augmentation du rythme cardiaque, la constriction des vaisseaux sanguins et une montée d’adrénaline caractéristique1. Elles s’accompagnent souvent d’une « chair de poule » et d’une sensation de « jambes molles ».
  • Enfin, le troisième élément est l’attitude adoptée face à ce stress. Il est probable qu’à la suite du stimulus initial et de la réaction physiologique, le cerveau imagine d’autres scénarios catastrophiques au point d’anticiper sur de futurs phénomènes de stress. C’est cette anticipation permanente qui va générer de l’anxiété et conduire, à terme, à des troubles anxieux.

Le stress, quelles conséquences pour la santé ? EN SAVOIR PLUS

Des symptômes physiques, émotionnels et comportementaux

Les symptômes physiques se résument surtout à des tensions musculaires, des problèmes digestifs et intestinaux, des troubles du sommeil (insomnies), des manques d’appétit, des migraines, des vertiges et de la fatigue. On reconnaît également le stress aux symptômes ayant trait aux émotions comme l’agitation, l’irritation, l’indécision et la baisse de libido, l’anxiété, la mélancolie, la dépression et une faible estime de soi etc.  

Quand les symptômes provoqués par les réactions de stress sont intenses et durables au point d’impacter la vie de l’individu, on parle de stress aigu2. Des comportements typiques pour compenser ces symptômes peuvent s’installer : la tendance à s’isoler, la difficulté à gérer les relations sociales ou amicales, l’absentéisme, l’addiction à des produits de consommation tels que le tabac, la caféine, le sucre, l’alcool ou les drogues…

Sources

@ https://www.fedecardio.org

Qu’est-ce que le stress ?

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Les trois composantes du stress

Quand on parle de stress, il y a forcément les trois éléments suivants, agencés selon des combinaisons extrêmement variables :

L’agent de stress, ou sa source : un stimulus d’ordre physique, mental, social ou émotionnel survient auquel il faut s’ajuster. Le stimulus peut être mineur (contravention) ou important (déménagement), positif (un mariage) ou négatif (un conflit), exceptionnel (une intervention chirurgicale) ou constant (un horaire trop chargé), prévu (un examen) ou inattendu (un accident), etc. Mentionnons aussi que le stress peut être d’ordre physiologique, et causé par des événements comme un médicament, une blessure ou un coup de froid, puisque l’organisme doit modifier sa chimie pour y réagir. Le manque de stimulation peut aussi créer du stress. Mais on se préoccupe surtout, aujourd’hui, du stress lié au mode de vie et plus particulièrement du stress psychologique.  

La réaction de stress. Lorsque le cerveau sonne l’alerte, des réactions physiologiques immédiates – comme l’augmentation du rythme cardiaque, la constriction des vaisseaux sanguins et la montée d’adrénaline – assurent que le corps puisse réagir à la situation. S’ils persistent au-delà du temps nécessaire pour « fuir le tigre ou l’assommer », ces mécanismes donnent lieu à des malaises physiques et psychologiques : les symptômes de stress.

L’attitude. L’intensité de la réaction de stress dépend du message envoyé par le cerveau aux glandes endocrines, et donc de la perception qu’a l’esprit du stimulus en question – le fait de le voir comme plus ou moins dangereux, exigeant ou contraignant. Par exemple : un retard de cinq minutes ne crée généralement pas de stress, sauf si on pense qu’on va rater le train, ou si le cerveau imagine un autre scénario catastrophique – ce qui peut être le cas si notre éducation nous a férocement dressés à la ponctualité. Une attitude négative ou des attentes irréalistes donnent également lieu à des problèmes de stress.

En somme, le stress est une réaction réflexe, tant psychologique que physiologique, de l’organisme devant une situation difficile qui demande une adaptation.

Les symptômes du stress

Les symptômes physiquesLes symptômes émotionnels et mentauxLes symptômes comportementaux
– les tensions musculaires – les problèmes digestifs
– les problèmes de sommeil ou d’appétit
– les maux de tête
– les vertiges
– le souffle court – la fatigue
– l’agitation
– l’irritation
– l’indécision
– l’inquiétude
– l’anxiété
– le manque de joie
– la mélancolie
– la baisse de libido
– la difficulté à se concentrer
– la faible estime de soi
– la perception négative de la réalité
– la désorganisation
– plus de difficulté dans les relations
– l’absentéisme
– la tendance à s’isoler
– l’abus de télévision
– la consommation accrue de tabac, de caféine, de sucre, de chocolat, d’alcool, de drogues
– l’évitement des situations exigeantes

Découverte du stress

C’est beaucoup grâce aux travaux de l’endocrinologue canadien d’origine autrichienne Hans Selye, menés au cours du XXe siècle, que l’on comprend les mécanismes biologiques du stress – ce qu’il a d’abord appelé le « syndrome général d’adaptation ». Il a identifié et défini le célèbre « fight or flight response » : ce qui se passe quand l’organisme monopolise ses ressources pour dominer la situation ou la fuir. C’est aussi à Selye que l’on doit d’avoir choisi le mot stress (en anglais : tension mécanique) et de l’avoir imposé en français. Il appelait le bon stress « eustress » et le mauvais « distress ».

Par la suite, le biologiste français Henri Laborit a étudié ce qui se passe quand la personne ne peut ni dominer la situation, ni la fuir : ce qu’il a appelé l’« inhibition de l’action ». Cette « paralysie situationnelle », a-t-il démontré, conduit précisément à des désordres neuro-psycho-immulogiques. Laborit est également célèbre pour avoir fait l’« éloge de la fuite », qui serait un recentrage de nos objectifs afin de sauver notre peau… de l’intérieur. Quant à l’Américain Richard Lazarus, on lui doit d’importantes études sur le stress psychologique et sur l’efficacité des moyens que les gens adoptent pour y faire face (coping).

Depuis les années 1960, des milliers de recherches ont été menées dans différents secteurs (l’immunologie, la cancérologie, la neuropsychologie, etc.) sur les multiples facteurs intervenant dans chacune des phases du stress, et sur les impacts du stress sur la santé. Il en reste pourtant encore beaucoup à découvrir, notamment sur les liens entre l’esprit et le cerveau, c’est-à-dire entre la psychologie et la physiologie.

À la recherche du bon stress

On a tendance à l’ignorer, mais les réactions de stress sont normales et utiles. Dans de nombreuses circonstances, on parle donc de « bon stress ». On sait, par exemple, que le niveau de performance au moment d’une tâche est meilleur lorsqu’il y a une certaine dose de stress, car celui-ci permettrait de stimuler la motivation, de mieux juger les paramètres de la situation et de se préparer en conséquence. Plusieurs personnes, d’ailleurs, aiment cette excitation du stress et la recherchent – dans la compétition, par exemple.

Chez d’autres, moins chanceux, les réactions de stress sont si intenses ou si durables, même dans des situations courantes, que cela nuit à leur fonctionnement social et professionnel. Et chez certains, le système nerveux tarde à enclencher l’indispensable réaction de détente, même après la disparition de l’agent de stress.

Bref, il existe des « tolérants » au stress et des « intolérants », mais on pourrait aussi définir une troisième catégorie de personnes : les « accros » de l’adrénaline. Ce sont de gros travailleurs, des workaholics, des gens à la vie sociale intense qui courent sans cesse, mais qui ne voudraient pas se passer du stress, car il leur permet de se sentir « vivants ». Or, celui-ci risque de les rattraper dans le tournant, comme en fait foi la fréquence des maladies cardiovasculaires chez ce type de personnes. À noter toutefois que le stress ne dépend pas de l’intensité de l’action, mais de celle de la tension – puisqu’il y a des gens très actifs qui sont aussi très détendus alors que des gens peu actifs peuvent être très tendus.

Le stress se manifeste donc de différentes façons selon les personnalités, et les solutions varient également en fonction de la personne. Précisons que les enfants et les adolescents sont aussi sujets au stress, qui peut être généré par des situations à la maison, à l’école ou entre camarades.

Stress aigu ou chronique?

Quand les symptômes provoqués par les réactions de stress sont intenses au point de nuire temporairement aux occupations normales, on parle de stress aigu. Ce problème peut se manifester après un événement traumatisant (la mort d’un proche, un accident, une perte financière, etc.), ou dans l’expectative d’un événement très déstabilisant. Par définition, les malaises aigus sont temporaires, mais ils peuvent se répéter à une certaine fréquence.

Le stress chronique, par contre, est un état permanent auquel on connaît plusieurs causes :

– une personnalité anxieuse qui rend particulièrement sensible aux agents de stress;

– une situation difficile et persistante que la personne n’arrive ni à modifier ni à fuir : un emploi précaire, un revenu insuffisant pour les responsabilités financières, le harcèlement d’un supérieur, la responsabilité d’un parent malade, un enfant difficile, une relation de couple conflictuelle ou instable, etc.;

– plusieurs situations stressantes qui se chevauchent dans le temps.

Les personnes souffrant de stress chronique n’en sont pas toujours conscientes, ou pensent qu’il n’y a rien à faire. Elles peuvent aussi souffrir, ponctuellement, de crises de stress aigu.

Comme on le sait, ce qui est considéré comme « stressant » varie énormément d’une personne à l’autre. Cela dit, certaines situations stressent la plupart des gens; ce serait le cas, notamment, de la grossesse, l’éducation des enfants, la difficulté de concilier travail et famille, la retraite et l’isolement social.

Rédaction : Pr Lucie Dumoulin M. Sc., Université Laval. Janvier 2012

Rédaction : Marie-Michèle Mantha Conseillère scientifique Janvier 2012

Mise à jour : Dr Michel Boivin Gastro-entérologue Janvier 2012

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